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mercredi 2 octobre 2024

Amis pour la vie (40 / 2024)


Nous nous connaissons 
depuis si longtemps 
plus de quatre décennies.
Qu'est-ce qui nous unit ?
Ce ne sont pas nos idées,
ni le combat pour une cause,
ni des projets communs.
Alors quoi ?
Peut-être l'estime mutuelle,
une forme de tendresse
pour ce que nous fûmes,
pour un passé enfui
qui nous a liés
et qui n'existe plus
que dans nos mémoires.
 
 A Agnès et Jean-Paul, Freddy, Peter,  Françoise et Fabrice.

 

mercredi 18 septembre 2024

On n'oublie jamais (38 / 2024)


On n'oublie jamais
Ni le jour ni l'heure
De ce chamboulement
De cette rencontre
On n'oublie jamais
Le premier contact
Le premier regard
On n'oublie jamais
Les larmes de joie
Le cœur si vaste
L'énergie incroyable
Et l'espoir infini
De la vie à venir.

18 septembre 1993

mercredi 14 août 2024

Les départs (33 / 2024)


Les départs
que je redoute depuis toujours
sont devenus de plus en plus durs.
Ce ne sont plus des départs en train,
somme toute sans danger,
ce sont des départs en voiture,
pour de longues heures,
pendant lesquelles il faut éviter de penser,
ou alors prier les anges,
pour qu'ils veillent sur eux.
Ils laissent des traces,
des tasses à café même pas vides,
des balles de tennis,
des barrettes,
et depuis peu,
des tétines oubliées.

dimanche 7 juillet 2024

Yoyo et le bonheur (27 / 2024)


Un enfant dans un landau
attire toutes les bienveillance
celle de tous les voisins
qui soudain vous sourient
celle de la boulangère
qui note votre changement d'horaire
celle des promeneurs de chiens,
qui vous font un clin d’œil. 
C'est un moment si bref dans la vie
qu'il faut en aimer chaque instant
car chaque tour de roues
nous éloigne de ce présent.

A Gabriel.

(Le landau est de la marque yoyo, d'où le titre)
 

dimanche 12 mai 2024

Bibibouille (19 /2024)


Bibibouille, ta bonne petite bouille
Nous accompagne au quotidien
Même quand tu es en vadrouille
Et que tu joues au châtelain
 
Tes petits pieds qui gigotent 
Aussi jolis que tes menottes
Font la joie de papi, mamie
Et nous laissent émus et ravis.

Tu changes de semaine en semaine 
Nous observons ce phénomène
Et remercions la fée Whatsapp
Grâce à qui rien ne nous échappe.
 

samedi 4 mai 2024

Jouets d'autrefois (18/2024)

 

Jouets d'autrefois,
des années 1990,
vous étiez là, dans votre boîte,
attendant que le temps
vous donne une seconde chance.
Vous n'y croyiez plus,
vous désespériez,
vous espériez
Voilà le moment venu
de revenir égayer
quelques moments de la vie
d'un tout petit garçon 
qui ne saura pas
combien d'amour 
vous portez en vous. 
 


mercredi 19 mai 2010

Le salon de mes parents

Baba, mama,
j'ai retrouvé votre salon,
le salon de la maison de mon enfance :
le lampadaire avec branches flexibles,
la petite étagère à plantes vertes,
la table basse.
Les fauteuils étaient rouges,
alors que les nôtres étaient verts,
et il y avait la télé,
mais sinon c'était le même salon.
J'avait envie de m'y asseoir
et de vous y attendre,
revoir mon père jeune et beau,
sentant si bon,
avec sa veste en daim,
ma mère si fine et jolie,
avec ses talons aiguilles.
Vous n'êtes venus que dans mes pensées,
car ce salon est exposé dans un musée
à Berlin,
sous l'appellation "années 60".

jeudi 27 août 2009

Marcher


Marcher
se tenir debout
en équilibre et sans douleur
poser un pied devant l'autre
sans réfléchir
et avancer
tout simplement.
Ce n'est pas si simple !
(la photo est hélas de 2008)

jeudi 7 mai 2009

Silouane


Il s'appelait Silouane.
C'était un enfant aussi singulier que son prénom.
Il a eu, durant sa courte de vie, plus de passions que bien des hommes dans leur vie entière.
Son regard était d'une étrange acuité.
Ceux qui l'ont croisé ne l'ont jamais oublié.
Il est mort de l'une de ses passions, la dernière.
Il aurait eu 15 ans aujourd'hui.
Que serait-il s'il avait vécu ?
Personne ne le sait.
Cette question restera en nous à jamais.
Il s'appelait Silouane.
C'était le fils d'une amie.

mardi 14 avril 2009

Village de mon enfance


Village de mon enfance
"blotti dans une verdoyante cuvette",
récitions-nous sagement,
après avoir dessiné tant bien que mal
le lion du blason.
Village de mon parler natal,
de cet alsacien pas très élégant,
que j'ai presque perdu,
remplacé par la langue noble
me servant de langue de travail.
Village de mes grands-parents,
grandes figures de mon enfance,
village de mon père disparu,
de ma mère si énergique et forte,
de mon petit frère vieillissant.
Village de mes souvenirs,
de petite-fille sage et angoissée.




jeudi 27 novembre 2008

Omas Küche


On était bien, dans ta cuisine, Oma.
On était bien, et on ne le savait pas, alors.
Elle n'était pas design, ta cuisine, elle n'était pas intégrée.
Dans le coin, un grand poële à bois, un vieux buffet, un évier blanc piqueté de taches d'usure.
Une porte, qui donnait à l'arrière.
Souvent l'on y frappait, et entrait la Lénel d'en bas, la Gretel d'à côté, Oma Bertha d'en-haut. Elles venaient demander un oeuf, un peu de farine pour terminer la pâte.
Ou alors, elles venaient juste bavarder, raconter ce qu'elles avaient entendu dire chez Monsieur Mey, l'épicier et gazette du village.
Les soirs de décembre, on y faisait des "Bredle".
J'étais souvent conviée. Je badigeonnais les Schwowebredle de jaune d'oeuf à peine citronné, et me régalais sans le savoir d'une atmosphère qui allait disparaître avec toi, Oma.
Aujourd'hui je fais moi aussi quelques bredle, par respect de la tradition.
Aussi peut-être pour me dire que je sais faire, moi aussi, ce que tu faisais si bien.
Personne n'entre par la porte de derrière, ni par celle de devant.
J'ai des nouvelles de mes amis par téléphone, mails et textos.
Hier, j'ai vu ta cuisine, en passant dans une rue : la même vieille balance, le récipient à sel de ton vieux buffet.
C'était la déco' d'une vitrine de magasin de vêtements pour enfants.
Ta cuisine est exposée au musée, Oma.
(Photo V.B.)

mardi 18 novembre 2008

C'était en un autre siècle


Un jour
il est mort
et tout d'abord, sa mort fut un soulagement :
je n'aurais plus à avoir peur de le voir mourir.
Longtemps il a été dans mes cauchemars,
je ne pouvais rien faire pour lui.
Puis il s'est un peu éloigné,
mais il est toujours là, dans mes pensées,
dans mes paroles, dans les mots de mes enfants.
Mon père est mort le 18 novembre 1986,
en un autre siècle.
C'était un mardi.

(Photo faite à Strasbourg le 19.10.2008, en allant au théâtre)

lundi 17 novembre 2008

Au pays des merveilles


En cette période où les feuilles mortes jonchent le sol et nous rappellent l'effrayante entrée en hiver, j'aime à me souvenir des plaisirs enfuis.
L'un des plaisirs de cet été, fut la découverte de cette librairie, à Crozon, petit paradis pour ceux qui aiment comme moi, la papeterie et les livres.
Du parquet sur le sol, des livres bien rangés, des classiques mais aussi des livres originaux, et des stylos, du papier, des bristols.
J'y suis allée presque tous les jours, parfois juste pour un journal et le plaisir de regarder, respirer.
La mémoire est une petite usine à souvenirs.
(Photo V.B.: Crozon le 02.08.08)