dimanche 26 avril 2009

Dans le jardin de ma mère

Dans le jardin de ma mère
une cigogne claquète sans vergogne,
une oie se tient coite,
des grenouilles patouillent,
des lapins papotent,
et les oiseaux se balancent
au gré du vent.
Le jardin de ma mère
est un endroit charmant
où je ne viens pas assez souvent.

lundi 20 avril 2009

La vie l'attend



Dix-neuf ans, la vie l'attend.
Quelle vie ?
Une vie au milieu des livres,
c'est une presque certitude,
une vie à se poser des questions,
c'est d'une forte probabilité.
Une vie près de la mer,
ce serait son rêve.
Une vie près de la mienne,
ce serait le mien.

mardi 14 avril 2009

Village de mon enfance


Village de mon enfance
"blotti dans une verdoyante cuvette",
récitions-nous sagement,
après avoir dessiné tant bien que mal
le lion du blason.
Village de mon parler natal,
de cet alsacien pas très élégant,
que j'ai presque perdu,
remplacé par la langue noble
me servant de langue de travail.
Village de mes grands-parents,
grandes figures de mon enfance,
village de mon père disparu,
de ma mère si énergique et forte,
de mon petit frère vieillissant.
Village de mes souvenirs,
de petite-fille sage et angoissée.




lundi 13 avril 2009

Cerisier en neige

Des grappes de fleurs blanches
drapent toutes les branches,
une neige douce et nacrée
couvre le cerisier.
Promesses de fruits,
promesses d'été,
promesses de lendemain.



dimanche 29 mars 2009

Reposer

Reposer, dit-on
pour l'éternité,
ci gît, dit-on,
de l'étrange verbe gésir,
"Friedhof", dit-on en allemand,
mettant en avant la paix.
L'homme aime à imaginer
que la mort est le repos, la paix,
afin de supporter l'insupportable sans doute.

Que René, le père de mon mari
et grand-père de mes enfants,
décédé le 21 mars 2009,
repose en paix.

(Photo : cimetière juif de Ettendorf)





lundi 2 mars 2009

Il y a plus de 2000 ans...



Il y a plus de 200 ans qu'ils montent sur la colline, au solstice de printemps.
Déjà du temps des Celtes, dit-on, ils montaient sur le "Schiewebärj" (la colline aux disques), ils y allumaient un grand feu dans lequel ils mettaient à rougeoyer un disque de hêtre au bout d'un bâton et venaient ensuite taper le disque sur l'une des grande pierres plates au-dessus du vallon, faisant s'envoler les disques enflammés dans des gerbes d'étincelles.
Plus de 2000 ans après, ils montent toujours sur la colline, avec des anoraks et des vestes polaires, sans oublier la lampe de poche, et refont les mêmes gestes.
Le chemin n'est pas balisé, pas éclairé. Pas de ticket d'entrée, pas de stand de souvenirs. Juste la fête païenne, sans fioritures, à l'état brut.
Je connais l'existence du Schieweschlawe d'Offwiller depuis trente ans, mais n'y étais jamais allée.
Il ne faut pas avoir fait de doctes études pour comprendre que les Celtes invoquaient ainsi le soleil, saluaient sa réapparition, le renouveau de la vie.
Hier, pour la première et probablement seule fois de ma vie, je suis montée sur la colline pour chasser l'hiver.
Bien sûr, il aurait fallu faire partie du village, pour en profiter vraiment.
Saluer ses voisins, constater que les petits avaient bien grandi durant l'hiver.
S'asseoir là, à proximité du feu, et regarder la jeunesse habile envoyer les disques dans la nuit.
Bien sûr, ç'aurait été mieux.
Malgré tout, ce rite si ancien dans sa version non retouchée, a quelque chose de magique.


dimanche 15 février 2009

Soudain le soleil


On avance dans la grisaille
depuis des semaines et des mois,
on s’est habitué, on s’est résigné,
on avance parce qu’il faut avancer,

le coeur borgne,
butant sur le rien des jours.
Et soudain, un matin, le soleil,
au coin de la rue,
soudain les fleurs,
comme un présage
comme un avant-goût,
comme une promesse.
Soudain le soleil.


-Photo du 11.02.09-Merci à "anonyme" pour l'emprunt.