lundi 27 juin 2011

Jardin

Jardin frais à Lohr
le jardin de ma mère,
ordonné comme elle,
impeccable comme sa cuisine,
tout bien rangé,
sans la moindre mauvaise herbe.
Prends-en de la graine !

samedi 28 mai 2011

Le temps des cerises


"Cerises d'amour aux robes pareilles
tombant sous la feuille en gouttes de sang.
Mais il est bien court le temps des cerises
pendants d'oreilles qu'on cueille en rêvant."

Comment ne pas penser à cette chanson magnifique
en allant cueillir les cerises dans le jardin ?
(Ce texte simple et superbe fut autrefois
l'un de mes textes de bac.
Audacieux de la part de notre prof de français.)

dimanche 19 décembre 2010

Es hat geschneit

"
"Es hat geschneit"
comme autrefois,
lorsqu'enfants
nous découvrions
un paysage transfiguré
Aujourd'hui le coeur est plus lourd
de tous les départs
et de toutes les mélancolies
mais l'espace d'un instant
notre coeur d'enfant se réjouit
presque comme avant.
 (Photo: parc de la gare, 17.12.2010)

jeudi 4 novembre 2010

Le coeur se serre

Pluie de feuilles.
Telles les pierres d'un collier défait,
elles se sont répandues
au pied de l'arbre.
Le coeur se serre,
devant cette beauté,
bientôt perdue.
(Photo du 2 novembre)



mercredi 3 novembre 2010

Wer jetzt kein Haus hat

Wer jetzt kein Haus hat, baut sich keines mehr.
Wer jetzt allein allein ist, wird es lange bleiben,
wird wachen, lesen, lange Briefe schreiben
und wird in den Alleen hin und her
unruhig wandern, wenn die Blätter treiben.
Celui qui n'a pas de maison maintenant, n'en construira plus.
Celui qui est seul maintenant, le restera longtemps,
veillera, lira, écrira de longues lettres
et, agité, parcourra les allées
lorsque les feuilles tourbillonneront
Rainer-Maria RILKE -"Herr es ist Zeit"
Photo :parc de la gare le 2 novembre.

mercredi 27 octobre 2010

Nous avons beau savoir

Dernières flamboyances
d'une saison effrayante
parce qu'elle porte en elle le mot "fin"
qui se lit sur chaque feuille tombée,
sur chaque arbre dénudé,
sur chaque fleur gelée.
Nous avons beau savoir
que la fin de toute chose
est inéluctable,
toujours nous redoutons
cette inéluctabilité.
(Photo du 26.10)

mercredi 19 mai 2010

Le salon de mes parents

Baba, mama,
j'ai retrouvé votre salon,
le salon de la maison de mon enfance :
le lampadaire avec branches flexibles,
la petite étagère à plantes vertes,
la table basse.
Les fauteuils étaient rouges,
alors que les nôtres étaient verts,
et il y avait la télé,
mais sinon c'était le même salon.
J'avait envie de m'y asseoir
et de vous y attendre,
revoir mon père jeune et beau,
sentant si bon,
avec sa veste en daim,
ma mère si fine et jolie,
avec ses talons aiguilles.
Vous n'êtes venus que dans mes pensées,
car ce salon est exposé dans un musée
à Berlin,
sous l'appellation "années 60".